La Belge Emmanuelle Indekeu prend la tête de la dixième édition d’ArtOnPaper, foire belge dédiée au dessin. Une nouvelle corde à l’arc professionnel de cette passionnée d’art, persuadée que son parcours s’est davantage construit sur des rencontres que sur des choix conscients. 

Vous êtes active dans l’écosystème artistique depuis plus de 15 ans : cet engagement était-il évident ?

C’est avant tout un cheminement fait d’opportunités et de chance, plus que le fruit d’un objectif tout tracé ou d’un réseau. Étudiante, j’ai fait le choix de l’histoire de l’art en tâtonnant. Mon rapport à l’art en général a été nourri dès l’enfance, notamment par ma maman, qui m’y a initiée sous toutes les formes. Cela a contribué à développer mon regard et ma sensibilité, car je suis très curieuse de nature.

Quelles ont été vos premières émotions artistiques ?

Mon premier choc, je l’ai vécu à l’âge de 10 ans, en visitant le musée des Offices, à Florence : un vrai éblouissement ! J’ai aussi été fascinée par une exposition sur Picasso à Londres quand j’avais 15 ans, alors qu’enfant, il m’énervait beaucoup. Mais c’est en lisant les mémoires de Misia Sert que j’ai su que je voulais faire partie de ce monde de la culture. Elle m’a fortement marquée, au point d’avoir prénommé ma fille Misia.

© Geoffrey Fritsch

En quoi les artistes vous fascinent-ils autant ?

Leur porosité au monde me parle et me passionne. L’économie, les problématiques sociétales, la philosophie… Cette façon de s’inspirer de tout pour transformer la matière et le réel me captive et m’interpelle. Leurs capacités d’absorption, de réflexion, d’analyse et de mise en perspective, comme leurs intuitions, me subjuguent.

Directrice de l’espace artistique bruxellois Island, « Chief Art Operations » au club privé TheMerode, professeure à La Cambre et directrice d’ArtOnPaper, positionner l’art dans le monde, c’est primordial ?

Ce rôle de stratège est très privilégié, comme celui de transmettre l’art et donc de le rendre accessible, surtout à une époque où le rapport à l’art se résume pour beaucoup à assimiler des contenus condensés sur un téléphone. Prendre le temps de questionner est salutaire : la culture est essentielle à la compréhension du monde, à l’émancipation et à la démocratie.

© Geoffrey Fritsch

ArtOnPaper, du 2 au 4 octobre 2026 à Tour & Taxis, à Bruxelles (BE).
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