Après Bruxelles et Lisbonne, l’hôtel Jam s’installe à Gand avec le même souffle punk, libre et créatif qui fait son identité. Le chef de bande de son aménagement ? L’architecte d’intérieur belge Lionel Jadot.
Déjà impliqué dès le premier Jam Hotel, Lionel Jadot a façonné ici un projet à son image : brut, honnête, profondément collaboratif. « Ça a toujours été ma marque de fabrique : réutiliser, collaborer, créer un cercle vertueux », explique-t-il. Son concept de Realistic Circle repose sur quatre piliers : durabilité écologique grâce au réemploi, curation locale d’artisans et de designers, storytelling puissant et création d’une collection unique de pièces signées. L’esthétique du lieu assume murs décrépis et plafonds bruts, escaliers et comptoirs réemployés, lits imaginés comme des structures d’échafaudage, mobilier né de chaises d’école recyclées. Ici, rien n’est figé. « C’est comme si le bâtiment avait été investi par des artistes. Un grand atelier partagé avec des prototypes, des œuvres, des tests… »

Pour Lionel Jadot, le Jam est bien plus qu’un hôtel, c’est une aventure collective. Ses collaboratrices à ses côtés pour l’aménagement du Jam de Gand : Louise Michiels et Juliette Geeraert.
Name-dropping
Comme toujours avec Lionel Jadot, le projet s’est construit en bande. Il parle volontiers de « famille » pour désigner les artisans et designers qu’il embarque avec lui. Cinq noms se détachent : Pierre Coddens, qui signe une œuvre en cristal d’aluminium unique dans chaque chambre, comme des attrape-rêves suspendus au-dessus des lits. Pierre-Emmanuel Vandeputte, designer complice de longue date, qui a imaginé tables et assises à partir de chaises d’école démantelées, donnant une seconde vie à ces matériaux ordinaires. Cristina Gusano, céramiste, qui illumine le lobby avec un grand luminaire en céramique et des suspensions aux formes organiques. Permafungi, collectif bruxellois pionnier, qui a conçu les lampes en mycélium des chambres et du restaurant, entre innovation durable et poésie vivante. Xavier Servas, jeune designer prometteur, dont les spectaculaires suspensions à l’entrée intriguent : réalisées en boyaux tannés, elles se gonflent et se dégonflent comme un organisme vivant, animées par de petits ventilateurs cachés. Conclusion : avec eux et une trentaine d’autres complices, Lionel Jadot transforme le Jam Gand en une aventure humaine et créative qui reflète à merveille la vitalité de l’artisanat belge.

Loin des standards de l’hôtellerie, le Jam Gand se veut une maison vivante où chaque chambre est un studio de création et chaque espace commun un terrain d’expérimentation.