Une clique, c’est presque une famille. C’est celle que l’on se construit suivant ses affinités, ses inspirations. Prenons ökēn, le nouveau bar bruxellois, façon labo d’ambiance ultra stylé, installé au cœur du prestigieux TheMerode. Autour d’Elio Pani, propriétaire des lieux, ses associés, mais aussi une bonne bande d’amis, tous aussi talentueux les uns que les autres. S’entourer des meilleurs pour distiller cette dose audacieuse de bon goût et d’expérimentation immersive, serait-ce la recette ? Tour de ronde de cette joyeuse clique.

Photos Justin Paquay

Comment est né ökēn ?

Le projet est né juste après la crise du Covid, lorsque mon père a relancé TheMerode. On disposait d’un espace libre dans le bâtiment, et les membres exprimaient un vrai besoin d’un lieu où se retrouver le soir. Très vite, on s’est dit qu’il manquait à Bruxelles un bar hybride, capable de mixer plusieurs atmosphères : au départ, on imaginait un jazz-bar, peut-être un comedy club, un endroit qui rassemble des gens différents le week-end. Ökēn est alors devenu une des vitrines de TheMerode, mais aussi un moyen d’ouvrir le lieu à un public plus large.

Qu’est-ce que vous vouliez vraiment faire avec ce projet ?

Je voulais élever le niveau à Bruxelles, sur plusieurs strates : l’architecture, la musique, les cocktails. Rassembler des créatifs – des vrais -, et voir jusqu’où un espace pouvait évoluer grâce à la passion, la collaboration et le talent. L’idée, c’était de créer un lieu capable de surprendre, sans suivre ce qui se faisait déjà.

Autour de vous, on retrouve ?

Dans ce projet, je suis associé à Alexis Mosselmans et Mathieu Fonsny. Pour un projet ambitieux comme Ökēn, il fallait réunir les meilleures personnes dans chaque domaine : design, mixologie, musique, mobilier, art, communication. J’ai rencontré Alexis Mosselmans via mon beau-frère, Tristan Pierson (associé dans la société Love Is All, qui détenait entre autres le Jalousy et le Vertigo). Alexis, qui était manager et associé chez Love Is All, est devenu un ami, et c’est lui qui a été choisi pour le pilier mixologie. 

Mon père m’a présenté Mathieu Fonsny, une référence dans la scène artistique bruxelloise. Il est en charge de la direction musicale et toute la progammation. Et puis, il y a l’ensemble de notre joyeuse clique (rires).

Quelles ont été vos inspirations pour ökēn ?

Deux cultures m’inspirent particulièrement. La culture scandinave, pour son côté très naturel et minimaliste. Et la culture japonaise, pour le wabi-sabi : la beauté dans l’imperfection.Ce mélange de simplicité et d’élégance informelle me correspondait parfaitement. C’est l’ADN d’ökēn.

L’emplacement s’est-il imposé comme une évidence ?

Oui. On est parti d’un ancien parking en sous-sol, un grand carré brut sur la place Poelaert. Même si le spot est un peu décentré, cette place est un endroit iconique à Bruxelles. Cela nous donnait un cadre fort, presque scénique, à partir duquel construire.

Vous avez toujours su que vous vouliez créer un lieu ?

Pas du tout. J’ai fait un bachelier en sciences informatiques, puis un master en intelligence artificielle. J’étais clairement un “geek”. Après mes études, j’ai remis en question mon avenir et cette opportunité s’est mise sur notre route. J’avais une envie de construire quelque chose, en travaillant l’aspect esthétique, c’est la partie du job qui m’excite le plus. Il y avait le bon moment, le bon espace, les bonnes personnes… On s’est lancé.

Et aujourd’hui, vers où va ökēn ?

On veut pousser l’identité encore plus loin : retravailler l’ensemble de la direction artistique ; le logo, l’intérieur, les cartes de cocktails, le food. On prépare des collaborations (encore confidentielles), et on rêve d’emmener ökēn hors des murs : festivals, résidences, lancement de nos propres boissons. L’idée est de continuer à expérimenter, toujours.

 

 

Quand elio pani présente la famille ökēn… 

Yvan Caillaud

Le métal qui structure les cocktails

Édouard Silverhands me l’a présenté à un moment où je cherchais quelqu’un capable de travailler le métal avec une vraie sensibilité. Nous avons d’abord imaginé Distillation, un cocktail pour deux inspiré d’un laboratoire, avec un dispositif ludique et un peu expérimental. Depuis, dès que j’ai une pièce à développer, je pense à lui. Nous travaillons actuellement sur un chariot pour le prochain menu, sur d’éventuels couverts sur mesure, et sur des tablettes plus larges pour accueillir davantage de convives. Avec Yvan, chaque idée devient un objet concret, pensé pour améliorer l’expérience au bar.

Elliott Housiaux & Paul-Émile De Smedt

L’architecture et l’amitié

Elliott et Polo d’Erased Studio font partie de mes amis proches depuis plus de dix ans. Tout s’est fait naturellement lorsque j’ai voulu bâtir ökēn. J’admire profondément leur travail : pour moi, ce sont parmi les architectes-scénographes les plus talentueux en Belgique aujourd’hui. Ils ont pensé chaque zone du bar pour créer une circulation fluide, avec des espaces à la fois bruts, sensibles et élégants. Et lorsqu’on souhaite adapter ou améliorer un détail, c’est vers eux que je me tourne systématiquement.

Mathias Filipson

La surprise culinaire

Je connais Mathias depuis plus de quinze ans, et je n’avais jamais imaginé qu’il se lancerait dans la cuisine. Il a créé Matzo Ball en autodidacte total, en organisant des dîners et des événements privés. Son talent culinaire est apparu comme une révélation. Sa manière intuitive et précise de cuisiner correspond parfaitement à l’identité d’ökēn. Nous avons développé la partie food ensemble, et il a véritablement apporté quelque chose de fort au projet. Son approche est simple, juste et incroyablement efficace pour accompagner les cocktails et l’ambiance du lieu.

Hadrien Bindels 

Le mobilier juste

Je connais Hadrien depuis l’enfance : on vivait à 200 mètres l’un de l’autre, on a fait les scouts ensemble, et il passait pratiquement chaque jour à la maison. Quand il a lancé Koge, la collaboration s’est imposée comme une évidence. Dans notre groupe, Elliott et Polo ont dessiné le mobilier, et Hadrien a assuré toute la fabrication. Il a traversé de véritables difficultés avec des fournisseurs, mais il s’est investi entièrement pour que tout soit prêt à temps. Son implication a été déterminante : il a réalisé les pièces avec une énergie rare, et je ne cesserai jamais de le remercier.

Icone citation

« L’idée, c’était de créer un lieu capable de surprendre, sans suivre ce qui se faisait déjà. »

 

Marius Melissas 

L’œuvre volcanique

Via la galerie Demain Art, j’ai rencontré Marius alors que je cherchais une œuvre dans l’esprit de Bosco Sodi : brute, minérale, texturée. Il a immédiatement compris la direction. Il a réalisé pour ökēn une pièce monumentale, avec une patine dans cette même famille, mais selon sa propre écriture. Cette œuvre impose une présence.
Nous sommes véritablement ravis du résultat.

Edouard Silverhands

Liquid design

Mathias Filipson me l’a présenté : nous voulions développer quelque chose de très pointu pour le menu signature, nous avons donc travaillé en collaboration étroite avec Edouard pour le lancement de la partie mixologie. Dans un premier temps, il était plus simple pour nous d’outsourcer les cocktails, mais nous avons désormais décidé de les créer “in-house”. Je remercie infiniment Edouard pour le super job qu’il a réalisé pour ökēn. Un véritable alchimiste !

Alexandre Hermans

D’entrée de jeu

Je connaissais déjà Hermano (qui est son surnom), il avait réalisé une œuvre pour moi auparavant. À l’époque, il travaillait surtout le béton brut. Depuis, son travail a évolué : il se concentre davantage sur le bois et ses textures naturelles. Pour ökēn, il a créé la pièce que l’on découvre en franchissant la porte : un élément sculpté, presque totémique, qui marque le passage entre l’extérieur et l’intérieur. C’est un geste discret mais essentiel dans la construction de l’atmosphère du lieu.

Annabelle Mortiaux 

Les kimonos upcyclés

Annabelle a cofondé Méson avec Thaïs Ficheroulle, qui est ma cousine. Nous cherchions des uniformes sur mesure qui ne ressemblent à rien de standard : quelque chose dans l’esprit japonais, proche du kimono, avec une esthétique simple et des matières naturelles. J’avais déjà plusieurs de leurs pièces et je trouvais leur travail particulièrement juste et inspiré. Collaborer avec Méson a été une manière d’inscrire ökēn dans une identité textile cohérente, contemporaine et différenciée.

Frédérique Ficheroulle

Les verres singuliers

Fred est aussi ma cousine. Elle travaille la céramique avec un langage très sensible : formes uniques, textures irrégulières, gestes volontaires. Je voulais créer un glassware sur mesure, adapté à l’esprit japonais du lieu. Ensemble, nous avons imaginé trois tasses aux silhouettes différentes, conçues pour accompagner nos cocktails. Leur présence rend le geste de boire tactile, presque cérémoniel. C’était une évidence de travailler avec elle pour ancrer ökēn dans des détails qui font la différence.      

Baudouin Willemart: L’identité et plus

Baudouin est le graphiste d’ökēn, mais c’est bien plus que du graphisme. Il contribue à toute la direction artistique du lieu. Il m’a été recommandé par Elliott, notre architecte, et nous avons développé l’identité ensemble. Aujourd’hui, nous travaillons sur toute la direction artistique : la communication, les T-shirts, les nouvelles campagnes, tout. C’est un travail continu que nous menons ensemble, parce qu’il est vraiment méga talentueux.

Athina Coufo et Louise Desmit: Liker et partager

Et puis, il y a Athina Coufo et Louise Desmit, qui gèrent notre communication. Athina et Louise, je les connais depuis plus d’une dizaine d’années. Ce sont deux filles aussi gentilles que créatives, qui réussissent à faire transparaître l’univers d’ökēn sur les réseaux avec brio !