Depuis 2022, derrière leur projet Maison Osaïn, Thomas Verschuren et Ann Butaye se sont donné pour mission de proposer des espaces de vie qui ont le pouvoir de nous amener à davantage de sérénité. Leur formule magique ? La sincérité. Rencontre.
Le projet Maison Osaïn est né dans la région d’Anvers, en 2022, quand Thomas et Ann prennent une décision qui est bien davantage qu’un tournant professionnel. La maladie, qui avait fait irruption dans leur vie, fut le déclencheur d’une prise de conscience qui pose les fondations de Maison Osaïn. « Après les bouleversements de la pandémie et la nécessaire remise en question de nos missions de vie, nous nous sommes plongés dans l’étude de la nature, du bien-être et de l’aromatologie. Nous avons revu tout notre mode de vie, pas seulement pour manger mieux, mais aussi pour nous reconnecter avec l’essentiel », raconte Ann Butaye, «Thomas est architecte de formation et son bureau tournait bien. Je travaillais depuis longtemps dans la mode, mais nous avons eu envie de mêler nos esthétiques et nos savoir-faire pour étendre cette nouvelle philosophie de vie, plus consciente, à la conception d’habitations d’un genre nouveau. »

La maison Sur à Anvers, où le langage contemporain vient naturellement trouver sa place dans un lieu chargé de mémoire. © Tijs Vervecken
Ainsi, Maison Osaïn est aujourd’hui un studio de design qui acquiert, puis aménage des maisons, les refaçonne en des espaces de vie vivants et durables, en recourant à des matériaux naturels et écologiques, des artisans sincères et des corps de métier investis.
La reconnexion
« Osaïn est une divinité de la culture Yoruba », explique Thomas Verschuren. « C’est un dieu guérisseur, médecin de la nature et gardien de la connexion avec la forêt, c’est pourquoi il est célébré quand on est malade ou souffrant. En Amérique du Sud, les petites chapelles qui lui sont dédiées sont comme des réceptacles de guérison et d’apaisement des maux, et c’est précisément ce que nous voulons créer, avec les espaces que nous concevons ».
Ann Butaye poursuit : « Notre conception de l’habitat est profondément ancrée dans ce lien avec la nature. Pour nous, recourir aux matériaux éco-conçus n’est pas seulement un choix durable techniquement, mais nous avons la conviction que cela instaure un plus bel environnement de vie, qui invite à se connecter à une certaine sérénité mentale ».
Le couple quitte alors le centre d’Anvers et son agitation, pour s’installer en pleine nature et s’atteler à faire émerger des maisons conçues pour raconter une histoire et incarner ces valeurs singulières: naturalité, transparence, sincérité. « Notre habitat a le pouvoir de prendre soin de nous », sourit Ann Butaye. « Nous sommes convaincus que notre environnement, et à fortiori notre espace de vie, a un impact sur notre vie et nos énergies. Chacun de nos projets est aussi pensé pour optimiser la connexion entre les gens : chaque habitant doit pouvoir se relier à son espace, mais aussi à ceux qui y cohabitent. C’est dans cette optique que sont dessinés les plans, les ouvertures ou les espaces de circulation. »
Un concept qui fait mouche
Des premières maisons vendues et au fil du bouche-à-oreille, le couple se voit aussi confier des projets en dehors de nos frontières. Comme ce chalet en Italie, au pied du Mont Blanc. « C’est fascinant pour nous de travailler avec les producteurs et les entrepreneurs locaux, cela enrichit notre vision ; ces fournisseurs et artisans sont autant de rencontres et de nouvelles perspectives », explique Thomas. « C’est pour cela que nous aimerions installer cela dans notre fonctionnement et nous octroyer, chaque année, au moins un projet international. » Le plus gros défi étant d’y transposer leurs exigences en termes de qualité et de durabilité des matériaux : « C’est souvent complexe, car les entrepreneurs n’y sont pas toujours habitués, comme en Belgique d’ailleurs », rappelle Thomas. « Ce qui nous amène à faire quelques essais et erreurs, mais c’est riche d’enseignements : j’en apprends tous les jours sur ces matériaux qui sont, en effet, souvent plus chers, mais qui sont plus sains et plus durables. »
L’essentiel accessoire
Thomas met dans l’entreprise ses connaissances et son expertise pour l’acquisition des biens, le suivi des chantiers et en assure la fiabilité, tandis qu’Ann gère la sélection des finitions. Elle source des objets uniques et des œuvres d’art; elle noue les collaborations avec les artistes. Elle construit l’univers Maison Osaïn à travers le branding et toute la ligne pour la maison, qu’elle a développée pour que cette connexion soit totale. Le résultat : une ligne de linge de maison, d’arts de la table et de parfums d’intérieur. « Nous allons bien au-delà de la décoration », explique-t-elle, « car ces objets sont l’âme de votre habitat. Les détails, les couleurs, les odeurs et le toucher sont pensés sur mesure, car pour moi, ils permettent de s’approprier les espaces et ils ponctuent l’histoire que raconte chaque projet. »
La démarche convainc, apparemment, car si, dans un premier temps, les objets, les bougies, les brumes d’oreiller et le linge de maison étaient pensés pour être couplés à un seul projet, les demandes affluent. « Dans un futur proche, nous aimerions ouvrir une boutique ou un pop-up, pour que les gens puissent venir sentir et toucher ces objets. » C’est faire entrer chez soi un peu de l’esprit Maison Osaïn.