Biarritz, là où la Grande Plage tutoie les villas Belle-Époque, distille un savant mélange d’élégance balnéaire et de décontraction joyeuse. Entre océan et pins maritimes, la cité basque dévoile une série d’adresses inspirées, où design, histoire et gastronomie se répondent avec panache.

Perché face à l’Atlantique, le Regina Experimental s’impose comme l’une des figures historiques de la ville. Inauguré en 1907, l’hôtel a connu une renaissance récente sous l’impulsion du groupe Experimental et la signature de Dorothée Meilichzon. Derrière sa façade Belle Époque, on découvre 72 chambres et suites aux tonalités menthe, blanc et bleu, ouvertes sur l’océan ou le golf. Les motifs marins, les influences japonisantes et le mobilier artisanal insufflent un subtil équilibre entre héritage et modernité. Sous l’impressionnante verrière de l’atrium, habillée de lanternes suspendues, on s’accorde une pause avant de rejoindre le Frenchie Biarritz, où la cuisine basque se réinvente dans des assiettes gourmandes : truite de Banka, merlu de ligne, asperges blanches de la vallée de l’Adour… Le tout est servi avec attention. Et pour prolonger l’escapade, direction le spa, la piscine chauffée ou le hammam, parfaits pour décrocher quelques heures face à l’océan. © Matthieu Salvaing 

Reginaexperimental.com

Puis il y a la Villa Magnan. Un refuge, pour se mettre à l’abri du monde extérieur. Comme le glisse malicieusement sa propriétaire, Anne Israël, « je promets bien du plaisir au futur journaliste de trouver encore des mots pour décrire notre endroit, tellement tout a été dit et bien dit ». Difficile à décrire : la Villa, il faut la vivre, la ressentir. Ce n’est ni un hôtel, ni un Bed & Breakfast, mais un lieu vivant, mouvant, et si joliment imparfait que c’est exactement ce qui nous plaît. Construite entre 1927 et 1931 par Louis Amédée Aragon, la maison fut initialement commandée par une famille aristocratique espagnole dont était issue la future reine Fabiola de Belgique – pour l’anecdote. 

Le matin, de 9h à 11h, le petit-déjeuner s’invite autour de grandes tablées dressées dans la cuisine, l’orangerie ou sur la terrasse, accompagné de vinyles soigneusement choisis et de douceurs maison. Pendant que le café coule et que les viennoiseries disparaissent, Anne raconte ses dix vies passées, sa tribu, ses envies d’ailleurs – peut-être l’Espagne, qui sait. Le soir, un chef en résidence impose son menu – jusqu’en septembre, c’est le chef belge Paul-Antoine Bertin, Polo pour les intimes, qui officie aux fourneaux. Ici, tout bouge, tout s’entrechoque, et c’est ce qui donne au lieu son énergie unique. Nous n’avons pas croisé l’âne Hector au petit-déjeuner – cela restera pour Instagram – mais nous avons eu bien plus : une vraie rencontre avec l’âme des lieux et de ses propriétaires. Et ça, ça n’a pas de prix. © Melvin Israël 

Villamagnan.com

En centre-ville, Chéri Bibi s’est rapidement imposé comme une table culte. Dans un décor vintage aux accents années 50, on partage des assiettes gourmandes et sans prétention. Ce soir-là : œufs mimosa, sélection d’anchois de Getaria et sa crème de citron brûlé, agneau confit et ses épices… Une cuisine généreuse et joyeuse, accompagnée de belles références de vins naturels, dans une ambiance à la fois détendue et festive. 

 

Un peu plus au sud, à Saint-Jean-de-Luz, Pluviôse multiplie les sensations. Dans son espace minuscule de 12 couverts, l’Australien Luke Dolphin tient absolument tout : cuisine, service, sommelier – en mode solo. Chaque geste est précis, inspiré, presque méditatif. Au menu, poissons ultra-locaux, viandes de coopérative basque et légumes bio maison. Côté vins, la sélection est naturelle, vivante et sans artifices, à l’image de sa cuisine instinctive et sans chichi. Mieux vaut jeter un œil à son compte Instagram avant de s’y rendre  : nous ne sommes pas à l’abri de fermeture intempestive, ce qui fait partie du charme. © Mickael Bandassak

 

À une vingtaine de minutes de Biarritz, Elizaberriko Etxeberria offre une véritable échappée gourmande au cœur de la campagne basque. Dans cette auberge au charme rustique, la cuisine célèbre les produits du terroir avec une belle liberté. Parmi les incontournables, on retiendra une tortilla à tomber, moelleuse à souhait, qui côtoie poulpe, txuleta, fritures de poissons et plats mijotés. Le tout se déguste sur une vaste terrasse ouverte sur la nature, dans une atmosphère aussi généreuse que la cuisine ou en intérieur, tout aussi charmant. Elizaberriko.com

Enfin, direction Guéthary pour une pause décontractée au Paz e Arroz, perché sur la jetée des Alcyons face à Parlementia. Inspiré du Brésil et du Mexique, ce food truck coloré, orchestré par Charles Foussadier, sert tacos carnés ou végés, moqueca de poisson, riz noir à la coco, croquettes et riz au lait brésilien au tapioca. À déguster les pieds dans le sable, verre de kombucha, de vin orange ou bière basque à la main, pour une escapade street-food de qualité avec vue sur l’océan. © Alice Casenave