Après seize ans de création au sein du collectif Hell’O, l’artiste belge Jérôme Meynen poursuit aujourd’hui son parcours en solo. Il y mêle dessin et céramique dans un univers onirique et très maîtrisé, entre figures géométriques, totems anthropomorphes et plantes fantasmées. Rencontre dans son atelier bruxellois où la nature reste sa principale source d’inspiration. Image à la une: Portrait de Jérôme Meynen dans son atelier bruxellois. © Bertrand Vandeloise – Hans Lucas
Jérôme Meynen s’est fait connaître comme l’un des deux membres de Hell’O, aux côtés d’Antoine Detaille, dont les œuvres géométriques sont disséminées un peu partout dans la ville. Un style unique, très identifiable, fait de personnages et de paysages colorés au graphisme léché. Leur dernière œuvre commune est visible sur la verrière de la rotonde du Botanique à Bruxelles, réalisée pour Les Nuits Bota au printemps dernier. Début 2025, les deux artistes décident de suivre leur propre voie pour explorer de nouveaux champs d’expérimentation. Pour Jérôme Meynen, c’est l’opportunité d’élargir sa pratique du dessin et de la peinture à une autre discipline : la céramique. Une évolution naturelle : « C’est très instinctif et l’aspect technique m’attirait », confie-t-il. Un prolongement cohérent, tant la rigueur graphique et les outils de précision étaient déjà présents dans sa pratique du dessin, réalisés avec compas et équerres. La céramique l’amène à explorer le volume, la matière et un rythme de travail plus lent. Il en résulte des sculptures singulières, sortes de totems hybrides, à la fois anthropomorphes et inspirés des règnes végétal ou animal. Des totems comme des guides qui invitent à la réflexion sur notre rapport aux symboles et à notre identité. Plantes exubérantes, animaux fantastiques, allégories mystérieuses : chaque pièce est structurée avec une grande précision. Le montage et l’élévation des formes sont au cœur de son processus.
Ses inspirations ? Les planches naturalistes et scientifiques, les architectures alvéolaires, les constructions fractales, mais aussi les arts décoratifs. « J’aime particulièrement la composition symétrique dans l’Art déco, la flore géométrisée », explique-t-il. Le lien avec le dessin reste fondamental : les céramiques apparaissent comme leur déclinaison en trois dimensions, dans une parfaite complémentarité. « Le dessin précède toujours et peut me servir de plan aux céramiques. Les deux pratiques se nourrissent mutuellement », poursuit-il. Un beau tournant dans l’univers de l’artiste, où la nature reste au centre de ses créations.