Miser sur des expositions éphémères dans des lieux d’exception, y présenter des pièces d’art et de design, c’est le pari audacieux et réussi de Marie de Brouwer, visage lumineux de Grège Gallery. Image à la une: Marie de Brouwer, visage lumineux de Grège Gallery. @Athina Coufo
par Julie Nysten
Publié le : 21/01/2026
Si le terme colorimétrique grège peut induire une notion de flou, ici, c’est son sens premier, brut de texture, qui parle. « J’aime l’empreinte de l’être humain sur la surface élémentaire de la matière, quelque chose de pas trop parfait mais qui raconte une histoire », explique Marie de Brouwer avec intensité.Grâce à cette recette presque magique, elle construit l’identité de Grège Gallery, à travers des scénographies où le mobilier curaté répond avec harmonie à des œuvres d’art. Après des études au CAD et un stage chez l’architecte belge Hélène Van Marcke, elle décide d’importer des containers de mobilier qu’elle met en scène dans un bâtiment désaffecté du château de Westmalle. Des artistes sont conviés au projet et le concept est lancé : un lieu d’exception, du mobilier, de l’art et une scénographie. Mais Marie de Brouwer ne s’arrête pas là et décide, en 2021, d’ouvrir une galerie à Bruxelles, où elle convie ses collectionneurs à s’immerger dans le travail d’artistes contemporains. Un autre espace brut qui fait la part belle à des œuvres où l’âme du lieu joue son rôle premier. Pour nous, elle sélectionne quatre pièces qui font mouche et la mettent en émoi.
SepaTabourets, 2023. Créés dans les Cévennes à partir de bois local récolté à la main, ces tabourets de Sepa incarnent une approche instinctive et organique du design. Victor Giannotta, fondateur de l’atelier, travaille sans dessin : il laisse les courbes naturelles du bois guider la forme. Le geste est artisanal, méditatif. Chaque pièce raconte l’histoire de son lieu d’origine. Ces tabourets, bruts et sensibles, conçus sans l’utilisation de colle, deviennent des sculptures du quotidien.
Juliette Lemontey, Faux mouvement. Juliette Lemontey explore le corps dans ses états de retrait, de flottaison, d’intimité silencieuse. Une silhouette féminine vue de dos émerge de l’eau, suspendue dans un instant de calme. Travaillant sur textile ancien, Juliette transforme des matières chargées d’histoires en supports de contemplation. Le trait est délicat, la palette discrète, mais l’émotion est palpable. Ce tableau évoque à la fois l’absence, la présence et la beauté des moments éphémères.
Jamie Mills, Ceremony 2. Réalisée à partir de papier, cire d’abeille, fil et émulsion, cette pièce de Jamie Mills reflète son rapport intime aux matériaux naturels. Son travail se situe entre sculpture textile et composition graphique, où chaque pli devient un geste poétique. Inspiré par les paysages de Cornouailles, l’artiste développe une pratique contemplative, presque rituelle, qui oscille entre structure et fragilité. Ceremony 2 est une œuvre silencieuse et sensible, qui invite à ralentir.
Moritz Berg, Ioh. Dans ses toiles, Moritz Berg traduit l’énergie de paysages mentaux ou réels par des gestes amples et fluides. Ici, les lignes noires et bleues, entrelacées à des aplats gris, forment une partition abstraite, à la fois libre et maîtrisée. Son travail, influencé par les rythmes de la nature et l’observation de moments fugaces, donne naissance à des compositions vibrantes et ouvertes. Cette peinture invite à la contemplation autant qu’au mouvement, entre silence et tension.
SepaTabourets, 2023. Créés dans les Cévennes à partir de bois local récolté à la main, ces tabourets de Sepa incarnent une approche instinctive et organique du design. Victor Giannotta, fondateur de l’atelier, travaille sans dessin : il laisse les courbes naturelles du bois guider la forme. Le geste est artisanal, méditatif. Chaque pièce raconte l’histoire de son lieu d’origine. Ces tabourets, bruts et sensibles, conçus sans l’utilisation de colle, deviennent des sculptures du quotidien.