Tendance 2023 : le retour du brutalisme en décoration

Inspirées du mouvement architectural des années 50, les créations brutalistes reviennent avec force mais subtilité dans nos intérieurs. Plus que jamais, « less is more ».

À l’heure où les matériaux sont au cœur des processus créatifs et constructifs, entre questions d’approvisionnement et usage raisonné, voire parcimonieux, de la matière, il n’est pas étonnant que le brutalisme refasse son apparition, y compris dans le mobilier et l’architecture intérieure.

Le Dekton Kraftizen Nacre propose une surface innovante ultracompacte réalisée dans un matériau technologique composé de porcelaine, de verre et de quartz (Cosentino).
Le Dekton Kraftizen Nacre propose une surface innovante ultracompacte réalisée dans un matériau technologique composé de porcelaine, de verre et de quartz (Cosentino). RR

Les « recettes » de ce mouvement architectural des fifties s’y appliquent parfaitement. Formes simples, géométriques et massives, prédominance du béton délibérément laissé brut, mais aussi de matériaux comme le verre, l’acier ou la pierre : le brutalisme a conquis l’architecture des années 50, 60 et 70 avant de tomber en désuétude.

Série de cache-pots Podium en béton fibre à l’aspect brut, signée Sanna Völker (Bolia).
Série de cache-pots Podium en béton fibre à l’aspect brut, signée Sanna Völker (Bolia). Steven Biccard

Le brutalisme, un mouvement sans fioriture

Inscrit dans la reconstruction de l’après-guerre, porté par Mies van der Rohe et Le Corbusier, mais aussi par Paul Evans pour le mobilier, il évoque la matière dans son intégrité, sans transformation, l’aspect fonctionnel et la modestie des espaces. Derrière la forme, le discours porté est aussi celui d’une architecture abordable, plus sociale.

Imaginée par Guillaume Delvigne, la collection de sièges « Litho » installe un paysage primitif avec des formes comme taillées dans la pierre (Pierre Frey).
Imaginée par Guillaume Delvigne, la collection de sièges « Litho » installe un paysage primitif avec des formes comme taillées dans la pierre (Pierre Frey). Clément Barzucchetti

Si le béton et ses affidés restent au cœur de cette création « néobrutaliste », d’autres matériaux viennent toutefois s’ajouter à la liste, qui eux aussi respectent la règle de simplicité et d’authenticité de ce parti pris. Ainsi, du côté des pierres, le marbre notamment, avec ses veines et ses teintes variées, vient aujourd’hui animer les créations.

Ces tables Stone Cloud (1 et 2), en onyx rose et pierre grise de Vicenza récupérée, sont issues de la collection de mobilier brutaliste « La Mémoire des pierres » de l’architecte Aline Asmar d’Amman (The Invisible Collection).

Ces tables Stone Cloud (1 et 2), en onyx rose et pierre grise de Vicenza récupérée, sont issues de la collection de mobilier brutaliste « La Mémoire des pierres » de l’architecte Aline Asmar d’Amman (The Invisible Collection). Culture in Architecture

Mais il ne faut pas s’y tromper : même fabriquées dans cette matière précieuse, les pièces contemporaines inspirées du brutalisme conservent l’esprit d’origine. Elles continuent d’évoquer la simplicité, l’absence volontaire de fioritures et autres ornements superflus. Le mobilier, aux formes plutôt massives et élémentaires, va à l’essentiel, remplissant en priorité sa fonction.

Cette banquette en tube d’aluminium recouverte de bois clair se vit en intérieur comme en extérieur (Georges).
Cette banquette en tube d’aluminium recouverte de bois clair se vit en intérieur comme en extérieur (Georges). RR

S’ils renouvellent le genre, les designers qui rendent hommage ou puisent dans le brutalisme conservent cet équilibre entre évidence de la forme et délicatesse. En son temps, Le Corbusier disait : « Puissent nos bétons si rudes révéler que, sous eux, nos sensibilités sont fines. » Ses disciples semblent avoir retenu la leçon…

Sculpturale, cette enceinte Beosound Balance arbore une finition dorée et marbre blanc (Bang & Olufsen).
Sculpturale, cette enceinte Beosound Balance arbore une finition dorée et marbre blanc (Bang & Olufsen).


Article publié initialement sur ideat.fr

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