En avril dernier, Louis Vuitton présentait sa toute première Collection Maison avec, outre des produits textiles et des objets de décoration, une gamme complète de mobilier et de luminaires réalisés en collaboration avec de grands noms du métier.
Le parti pris esthétique : une épure confortable qui flirte avec le style scandinave. Après l’inauguration en 2012 des Objets Nomades – des pièces en série limitée associant créativité de designers internationaux et savoir-faire centenaire –, Louis Vuitton franchit une nouvelle étape en 2025. La maison complète son univers dédié à l’art de vivre avec des pièces de mobilier et de décoration. Composée d’une dizaine de modèles et déclinant des jeux de graphisme, tressages, marqueterie de bois ou de coquillage, la Collection Signature combine esthétique et fonctionnalité.
« Les canapés, fauteuils, chaises, tables et buffets réinterprètent les codes de la Maison, explique l’équipe Louis Vuitton, mettant à l’honneur ses matériaux de prédilection comme le cuir, le bois ou la marqueterie de paille, et explorant l’onyx, les bois précieux et les plus beaux tissus. » Pour la marque qui créait déjà en 1885 des malles-lits destinées aux explorateurs, « l’univers maison est une source de créativité et d’inspiration, porteur de valeurs de convivialité et de joie de vivre ancrées dans l’essence de Louis Vuitton depuis toujours. C’est un formidable terrain d’expression, qui permet de révéler la créativité de la Maison à travers des savoir-faire d’exception. »
Les designers Patrick Jouin, Cristian Mohaded, Patricia Urquiola ou l’Atelier Biagetti ont étroitement collaboré avec Louis Vuitton, « en respectant la vision, le talent et les savoir-faire de chacun, avec leur regard et leur imaginaire singulier. Ils repoussent les limites du savoir-faire et réinterprètent les codes de la Maison dans le respect de son ADN », analyse la marque.
Déshabiller l’attendu
Prolongement naturel d’un savoir-faire qui déshabille les arts de vivre ou stratégie rentable, de nombreuses marques de mode s’installent depuis quelques années sous nos toits, et dans les moindres recoins de nos « moi ». Pour Dinah Sultan, directrice de style chez Peclers Paris, « dans le luxe, les maisons qui étaient plutôt identifiées “mode et accessoires” ont fait une percée il y a une dizaine d’années dans le secteur de la beauté, et le design d’intérieur restait le dernier terrain à investir, avec le double avantage de représenter un très grand marché et d’ouvrir d’infinies possibilités de création d’expériences, pour permettre à ces marques, grand public ou indépendantes, de s’exprimer via différents canaux et de toucher différents publics ». Elle rappelle : « Historiquement, certaines des maisons qui lancent aujourd’hui des lignes d’intérieur étaient déjà très impliquées dans le savoir-faire, comme Loewe, qui, avec son Craft Prize, sponsorise la nouvelle garde de design. À la Design Week de Milan, longtemps réservée aux professionnels du design, depuis l’après-Covid, on observe un renouvellement du public. L’événement, qui prend de l’ampleur, brasse des amateurs d’innovation, des chasseurs de hype et des fans de lifestyle. Cela devient un moment global, et les marques ont tout intérêt à s’y positionner. Elles deviennent inspirationnelles, curatrices, elles touchent des médias qui ne sont a priori pas spécialisés “mode”. Les maisons y cultivent leur image de marque et valorisent leur savoir-faire. Elles étaient plus nombreuses que d’habitude à Milan en avril, lors d’événements off notamment, dans des palazzi disséminés dans toute la ville. Le mobilier, c’est la dernière brique du lifestyle. » Et les fondations d’une nouvelle mode pour la maison.