Festival Artocène : un parcours d’art contemporain responsable à visiter dans la ville de Chamonix

Entremêlant architecture, art contemporain et paysage alpin, le festival Artocène s'installe dans la vallée de Chamonix jusqu'au 23 juillet. Avec pour thème « Le Vide comme repère », l'édition 2023 s'appréhende aux quatre coins de la ville dans un parcours de huit expositions, avec le musée Alpin comme base de campement.

Signifiant étymologiquement « l’ère de l’art », le festival Artocène entend sensibiliser aux enjeux environnementaux et ce, à travers le travail d’artistes et d’architectes.

Cette année, le voyage se poursuit et ces derniers ont été guidés par un thème aussi évocateur que vague mais loin d’être vide de sens : le vide. Terme polysémique, le vide se saisit, notamment dans ce cas, par sa dimension physique qui fait écho à l’environnement vertigineux et insaisissable de la vallée de Chamonix. Relatif à la notion de verticalité, de vertige, d’infini, d’impalpable, ce mot a résonné dans la tête d’une vingtaine d’artistes et architectes internationaux·ales, établi·e·s ou émergent·e·s, durant plusieurs mois pour donner lieu à la troisième édition du festival Artocène, fondé en 2021.

Photo : Julien Gremaud

Durant cet événement autour de l’art contemporain qui se déroule jusqu’au 23 juillet 2023, huit expositions sont à découvrir. À côté de ce rendez-vous culturel annuel, la vallée de Chamonix est un excellent point de chute pour les montagnard·e·s de tous niveaux. Terreau de l’alpinisme mondial, la station recèle d’activités telles que les immanquables : le téléphérique de l’Aiguille du Midi, la Mer de Glace et le train du Montenvers, ainsi qu’une journée au QC Termes Spas and Resorts.


Le festival Artocène à la loupe

L’exposition centrale, dont l’espace a été aménagé en collaboration avec la scénographe Charlotte Richard, que l’on connaît pour son travail à la Fondation Cartier et au Palais de Tokyo, s’installe au musée Alpin. Verticalité, Vertige et chute et Le vide comme matrice sont les trois volets de celle-ci. Notons l’œuvre composée de trois bulles en verre soufflé où des fossiles marins et des récifs coralliens, témoins du début de l’humanité, ont été moulés.

L’hôtel Les Gourmets accueille quant à lui une vidéo réalisée par l’artiste Capucine Vever. Tournée sur l’île d’Ouessant, elle cristallise les nombreux passages des bateaux, formant en définitive une autoroute. La librairie Landru expose les peintures de Solène Ortoli. À l’intérieur, l’hôtel La Folie Douce dévoile l’installation d’Ulla von Brandenburg, et à l’extérieur celle de Bea Bonafini. À la librairie Sauvage, c’est une œuvre sonore de Charlotte Charbonnel que l’on peut admirer. Une exposition d’archives sur l’architecture de Yona se dévoile à la Médiathèque. Dans le centre-ville, sur la Place du Mont Blanc, s’expose le prototype du Musée sans bâtiment de Yona Friedman, et sur le Quai d’Arve, des photographies de l’artiste Thomas Mailaender.

Outre les expositions, le circuit est ponctué de dix œuvres produites in situ par les artistes Ulla von Brandenburg, Bea Bonafini, Clément Richem, Kris Martin, Alexandra Leykauf, Célia Gondol, Pakui Hardware, Marlon de Azambuja, Alice Bandini. Celles d’Ulla von Brandenburg et Bea Bonafini sont nées à la suite d’une résidence en montagne au mois d’avril dans le Refuge du Tour de la vallée de Chamonix. Un séjour d’immersion qui a vu le jour dans le cadre d’un partenariat avec le Club Alpin Français.

Das Was Ist (2023), Ulla von Brandenburg. Photo : David Ertl
Poussière de Clément Richem. Une installation produite pour Artocène 2023. Photo : Julien Gremau
L’art d’Ulla von Brandenburg entré en résidence à Chamonix pour Artocène. Photo : Ulla von Brandenburg

Focus sur l’œuvre de Bea Bonafini en partenariat avec Fusalp

Pour son installation extérieure réalisée en partenariat avec la marque Fusalp, l’artiste italienne basée à Londres, Bea Bonafini s’est inspirée de la formation des cristaux de quartz. Cette roche à l’origine des Alpes l’a guidée dans la réalisation d’une tapisserie avec comme matière première des chutes textiles de l’entreprise Fusalp. Dessinant un paysage en coupe, celle-ci célèbre la stratification des sédiments dans les roches. Tout en rappelant les thèmes de prédilection de l’artiste à savoir la nature mystique ou la puissance du féminin grâce à son aspect fluide et ses couleurs. A voir sur l’hôtel de La Folie Douce.

Quiver Quake, de Bea-Bonafini, installée à la troisième édition d’Artocène. Photo : Julien Gremaud

En pratique

Tous les mercredis à 14 h et 17 h ainsi que les samedis et dimanches de 14 h à 18 h des visites guidées en français sont organisées. Le rendez-vous se donne au Musée Alpin. Performances artistiques, conférences, rencontres, expériences immersives autour du vide… complètent l’évènement d’art contemporain.

> Festival Artocène, à Chamonix-Mont-Blanc (FR). Jusqu’au 23 juillet 2023. Artocene.fr

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