Un designer porteur de sens

Le designer anversois Jonas Van Put s’impose comme l’une des voix les plus inspirantes du design belge. Il imagine des meubles sculpturaux, des installations fonctionnelles et des scénographies qui incitent à la réflexion. - Image à la une: Cloud 9 invitait les visiteurs de WECANDANCE à flotter au-dessus de la foule.© Dieter Van Caneghem - Portrait. Par Daphne Dorgelo

Jonas Van Put, étoile montante du design. © Kelly De Block

 

Dès ses années d’études, Jonas Van Put se fait remarquer avec des créations jouant sur la perspective, les proportions et l’expérience collective. Observer, une chaise perchée permettant, grâce à une formule mathématique, de porter le regard jusqu’à huit kilomètres, et la tour de conversation verticale BuzziJungle marquent le point de départ de sa carrière (inter)nationale.

Un tournant personnel s’opère avec Cloud 9, une installation flottante développée pour le festival WECANDANCE à la demande de la consultante créative Laura Praet, qu’il réalise en collaboration avec ses amis Lauren Fonteyn, Nik Aelbrecht et Bruno Ronsmans (†). Composée de filets et de balles transparentes, cette structure invitait tout en douceur les festivaliers à s’allonger : « J’ai découvert à quel point il est gratifiant de créer quelque chose dont beaucoup de gens peuvent profiter en même temps. »

Sur la lande de Kalmthout, Mirror Monolith reflète son environnement au point de s’y fondre presque totalement. © Hanne Fransen

 

Aujourd’hui, Jonas Van Put multiplie les projets. Avec Lies Mertens, il conçoit un sac à main muni d’une anse en bois inspirée des coquillages de la mer du Nord. Avec sa compagne Dorien Eeckhout, il développe Ferrata, une collection de mobilier d’extérieur. Parallèlement, il enchaîne les collaborations : une douche extérieure pour Bloesem Tuinarchitecten, une collection de miroirs pour Deknudt Mirrors, un banc pour Paul Rogers, ou encore une seconde collection pour Fendi Casa, dévoilée au Salone del Mobile 2025. Il travaille également, en partenariat avec Andampersand et Operating Collective, à une scénographie pour le Kolveniershof. Un nouvel espace public, qui semble lui insuffler une belle énergie : « J’aime l’usage imprévisible de ces lieux, sans fonction définie ni mode d’emploi. Et parce qu’ils sont partagés par tant de gens, ces ils conservent leur pertinence plus longtemps. Je trouve que c’est une idée absolument magnifique. »

Observer une chaise d’où l’on peut voir jusqu’a huit kilomètres. – © Luca Beel